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À Paris, les prix de la pierre devraient résister, selon les notaires

30/05/2020

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Après deux mois de paralysie du marché immobilier, le secteur donne des signes de reprise d’activité. Effet de rattrapage ou relance pérenne ? S’il est encore difficile de mesurer l’impact de la crise sur les transactions, voici quelques indicateurs.

Pour Maître Thierry Delesalle, porte-parole de la Chambre des notaires de Paris, il est encore trop tôt pour se prononcer sur les conséquences du confinement  qui a paralysé le marché immobilier durant deux mois. « Cela fait 15 jours que nous sommes déconfinés, nous n’avons pas encore de chiffres mais plutôt des impressions recueillies auprès des confrères et des professionnels. Parmi elles, la reprise de l’activité avec de très nombreuses visites. Certes, il y a aussi un effet de rattrapage mais il y a des signatures, des biens remis en vente... L’immobilier est l’un des premiers secteurs où l’on constate une dynamique de reprise » souligne-t-il.

A ce stade, il y a bien sûr des incertitudes légitimes sur l’évolution du marché et l’impact de la crise sanitaire. « Dans ce contexte et si les mesures économiques du gouvernement sont suivies d’effet et en dehors d’un scénario à plusieurs millions de chômeurs supplémentaires, le marché immobilier résistera et le prix du bien parisien, déjà rare, ne baissera pas. Il va résister de manière très forte !  Par contre, il faut que les banques jouent le jeu » ajoute Maître Delesalle.

Le prix moyen d’un appartement parisien s’établit aujourd’hui à 10 460 €/m2 en moyenne ( + 8 % sur un an). Selon les projections des avant-contrat de juillet 2020, il s’affichera à 10 690 €/m2 (+ 7, 1%). Plus que 5 arrondissements sont à moins de 10 000 €/m2 et un seul, le 20ème à moins de 9000 €/m2. Le quartier le plus cher est Odéon (6ème) à 16 880 €/m2 en moyenne et le plus abordable : Pont de Flandres (19ème) à 7950 €/m2. Il faudra attendre les mois de septembre et octobre pour avoir davantage de recul sur le réel impact du confinement sur les prix et les volumes de ventes.

Les plus fortes hausses de prix sur 5 ans

A titre indicatif, depuis 5 ans, les prix des appartements ont progressé de 23 % en Ile-de-France. A Paris, la hausse a atteint + 32, 2% sur la même période. Parmi les quartiers qui ont connu les plus fortes progressions :  La Chapelle (18ème) + 43, 3 % et Saint-Fargeau (20ème) + 32, 6 %.  En banlieue, les records de hausse des valeurs sont enregistrés à Saint-Ouen (93) + 51, 3 % et à Saint-Cyr-L’Ecole (78) + 45 %.  Du côté des maisons, les prix ont connu une progression de + 11 % en 5 ans. Les plus fortes hausses : Le Perreux-sur-Marne + 40 %, Fontenay-sous-Bois + 27 % et Saint-Maur-des Fossés.

Pas de bulle immobilière à l’horizon

Après une année 2019 record en terme d’activité (plus d’un million de transactions), la baisse du volume de ventes est inévitable. Au niveau national, les notaires estiment qu’avec deux mois de paralysie du marché, « ce sont 150.000 ventes qui ne seront pas réalisées en France. Mais c’est logique et c’est le confinement qui en est responsable. La baisse est conjoncturelle, pas structurelle. A Paris, nous sommes sur un marché d’utilisateurs à 80 %, pas un marché spéculatif. Il n’y a donc pas de crainte de bulle immobilière » affirme le porte-parole de la Chambre des notaires de Paris. Ici, la projection d’un tableau sur l’historique du volume de ventes et des prix dans la capitale, depuis 1991.

S’il faudra attendre la rentrée pour avoir davantage de recul sur le réel impact du confinement , les notaires restent prudents sur l’attitude des banques pour l’octroi des prêts et la situation économique. « Il est aussi trop tôt pour mesurer les conséquences plus profondes sur le marché de cette crise sanitaire mondiale. Elle va impacter le contexte financier et psychologique et peut-être transformer des modes de vie ou des façons de travailler qui peuvent se répercuter sur le marché immobilier. » En attendant, ils privilégient un scénario optimiste avec le succès des mesures de soutien et l’appétence des Français pour l’immobilier. « Le confi­nement a confirmé l’importance d’être bien logé. Parce qu’elle protège l’épargne des ménages, parce que les autres actifs ont été bousculés. Plus encore qu’avant donc, la pierre devrait continuer de rassurer et de rester un projet de vie. » indiquent-ils en conclusion.